Guides climatisation · 2026-08-14

Pourquoi une thermopompe économise moins que ne le dit la brochure

Une thermopompe dont le COP saisonnier est de 2,4 fournit 2,4 unités de chaleur par unité d’électricité. Divisez votre consommation de chauffage par 2,4 et vous obtenez 58 % d’économie. Ce chiffre revient dans des dizaines de calculateurs, et il est faux pour la plupart des maisons québécoises.

Hydro-Québec indique plutôt qu’une thermopompe peut faire économiser jusqu’à 35 % de la consommation de chauffage. L’écart entre 58 % et 35 % n’est pas de la prudence commerciale : c’est une contrainte physique réelle, et la comprendre distingue une bonne décision d’une déception.

L’appareil ne chauffe que ce qu’il atteint

Une tête murale chauffe l’air de l’espace qu’elle dessert. Dans une aire ouverte, cela peut couvrir l’essentiel du séjour. Elle ne chauffe cependant pas la chambre fermée au bout du couloir, le sous-sol, ni la salle de bain porte close.

Ces pièces conservent leurs plinthes électriques, qui continuent de convertir l’électricité en chaleur à raison de un pour un. La part de la charge qu’elles assument n’est pas économisée du tout.

Sous le point d’équilibre, l’appoint prend le relais

Une thermopompe pour climat froid produit de la chaleur bien en dessous de zéro, mais sa capacité diminue à mesure que la température extérieure baisse. À une certaine température — le point d’équilibre — elle ne suffit plus à compenser les pertes de chaleur du bâtiment, et l’appoint résistif comble la différence.

À Montréal, cela se produit pendant une portion non négligeable de la saison. C’est pourquoi un COP saisonnier moyen est toujours inférieur à la cote annoncée, mesurée par temps doux.

Le calcul, sans rien cacher

Séparez la charge de chauffage entre la part réellement desservie par la thermopompe — la couverture — et celle qui reste résistive.

Électricité consommée = charge de chauffage × ( couverture ÷ COP + (1 − couverture) )

À 60 % de couverture et un COP saisonnier de 2,4 : 0,60 ÷ 2,4 = 0,25, plus les 0,40 restés sur les plinthes, donne 0,65. Vous consommez 65 % de ce que vous consommiez, donc vous économisez 35 %. C’est le chiffre d’Hydro-Québec, retrouvé à partir des principes de base.

Supprimez le second terme — faites comme si la thermopompe assumait tout — et vous obtenez 42 %, soit 58 % d’économie. Cette seule omission explique les promesses doublées.

Ce qui fait varier la couverture

La couverture est le chiffre qui mérite discussion, parce que c’est celui sur lequel vous pouvez agir. Une aire ouverte avec une tête bien placée fait mieux qu’un plan cloisonné. Un système multi-têtes desservant aussi les chambres fait mieux encore. Un appareil mal dimensionné ou mal situé fait moins bien.

C’est aussi pourquoi il faut demander à un entrepreneur qui avance un chiffre unique quelle couverture il a supposée. S’il ne peut pas répondre, le chiffre est décoratif.

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FAQ

Est-ce que 35 %, ça vaut la peine?

Pour la plupart des maisons québécoises au tarif D, oui — mais jugez-en à partir de votre propre consommation plutôt que d’un pourcentage. Sur une maison de 22 000 kWh, l’économie se situe entre environ 330 $ et 600 $ par an aux prix actuels de la 2e tranche, avant tout coût d’équipement.

Un système multi-têtes économiserait-il davantage?

Il augmente la couverture, le terme qui compte le plus, donc oui sur le plan énergétique. Que le coût additionnel soit rentabilisé dépend de votre soumission et du nombre de pièces actuellement chauffées aux plinthes.

Le calculateur inclut-il le coût d’installation?

Non. Il s’agit uniquement d’une comparaison de l’énergie d’exploitation. L’équipement, l’installation, le financement et les subventions en sont exclus, car ils dépendent de votre maison et de programmes qui changent.